Accident Vasculaire Cérébral : l'importance d'agir au plus tôt

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Une Rencontre Santé sur le thème de l’accident vasculaire cérébral s’est déroulée le 6 Octobre 2015 à l’American Hospital of Paris. Les Pr Sarrazin et Taillia, et le Dr Blanc ont participé à deux tables rondes animées par le Professeur Pierre Duroux.

 

Introduction : Tout savoir sur les accidents vaculaires cérébraux

les principaux chiffres : 

Chaque année, c’est 130 000 accidents vasculaires cérébraux qui surviennent soit 1 toutes les 4 minutes. L’AVC représente la deuxième cause de décès chez les femmes et la troisième chez les hommes. 10 à 15% des AVC touchent des personnes de moins de 45 ans.
Il est important d’agir rapidement c'est-à-dire dans les 6 heures qui suivent l’AVC puisque dans le cas contraire, les dommages sont souvent irréversibles. L’AVC est la première cause de handicap moteur de l’adulte ainsi que la deuxième cause de démence. Suite à un AVC, il est important de rester vigilant puisque 30 à 43% des AVC récidivent dans les 5 ans.

Quels sont les deux types d’accidents vasculaires cérébraux ?

  • AVC ischémique : 

Représentant plus de 85% des AVC, il se caractérise par l’obstruction d’une artère cérébrale (de moyen ou petit calibre) par un caillot. Ce type d’AVC se déclenche généralement suite à une athérosclérose des vaisseaux cérébraux, une embolie d’origine cardiaque (fibrillation auriculaire) ou encore d’une dissection des vaisseaux carotidiens (traumatisme).

  • AVC hémorragique :

Représentant un peu moins de 15% des AVC, il se définit par la rupture d’une artère cérébrale entraînant une hémorragie cérébrale.




Comment se déroule un AVC et quelles sont les conséquences ?

Dans les deux cas, le déroulement de l’AVC est identique. Il va débuter par le blocage ou la rupture d’une artère cérébrale engendrant un arrêt soudain de l’irrigation sanguine d’une partie du cerveau et donc de l’alimentation en oxygène. Les cellules cérébrales ne recevant plus ni de sang ni d’oxygène vont donc se détruire.

Suite à un AVC, les principales séquelles sont des troubles de l’équilibre (50%), des troubles de la mémoire (42%), des troubles du langage et des difficultés d’élocution (34%), des troubles de la motricité comme la paralysie, la parésie et l’hémiplégie (30%) ainsi que des troubles de la vision (23%).

Les différentes séquelles qui peuvent survenir dépendent du siège de l’occlusion :



Quels sont les principaux facteurs de risque ?

 

  • Hypertension artérielle au-delà de 14/9
  • Diabète
  • Taux élevé de cholestérol
  • Obésité abdominale
  • Tabac
  • Alcool
  • Apnées du sommeil
  • Certaines maladies du cœur

Comment reconnaitre l’apparition d’un AVC ?

Il est primordial de pouvoir reconnaitre rapidement les signes de l’AVC lorsqu’ils surviennent puisque chaque minute qui suit un AVC engendre la perte de 2 millions de neurones.

 Différents symptômes vont permettre d’identifier la survenue d’un AVC :

 

  • Une faiblesse musculaire ou une paralysie
      - Ne plus pouvoir bouger une partie de son corps   
      - Toutes les parties du corps peuvent être touchées   
      - Le plus souvent la face, le bras, la main et/ou la jambe du même côté
      - Hémi-plégie (d’un côté)
  • Une perte de la sensibilité d’un côté :
       - Engourdissement
       - Insensibilité
  • Une difficulté de la parole :
      - Gêne pour articuler
  • Une difficulté du langage :
      - Expression
    - Compréhension
  • Des troubles de la vision

Afin d’identifier ces symptômes rapidement, il existe différents gestes et tests à réaliser :

  • Vérifier la parole / le langage : je trouve mes mots, je prononce bien, je suis compris
  • Vérifier la mobilité les yeux fermés en maintenant une des positions suivantes durant 20 secondes :
     - étendre les bras avant à l’horizontale membres inférieurs à 45° ou genoux à 90°              - Vérifier la vision en cachant un œil puis l’autre
  • Vérifier la vision en cachant un œil puis l’autre

De quelle manière peut-on établir le diagnostic d’un AVC ?

L’imagerie joue un rôle déterminant pour établir le diagnostic d’un AVC :

  • Scanner :

Le scanner est une technique d’imagerie médicale utilisant les rayons X. Cette technique est facilement accessible et permet une exploration très rapide, en quelques secondes, grâce à l’injection d’un produit de constraste qui visualisera les artères.



  • IRM :

L’IRM quant à lui utilise les propriétés magnétiques du corps humain. Cette technique est plus difficilement accessible et nécessite une exploration plus longue, environ 15 minutes. Elle est contre-indiquée pour les personnes porteuse d’un pace maker.


Quelle est l’histoire naturelle de l’AVC ?



L’accident ischémique commence par une athérosclérose des vaisseaux cérébraux. Lorsque le débit sanguin cérébral est diminué, peut alors survenir un accident ischémique transitoire (AIT). Lorsque le blocage est complet, survient alors l’accident vasculaire cérébral. Cet accident ou sa répétition peut aboutir à terme à un décès, une démence, ou des troubles de la mémoire.

Prise en charge des accidents vasculaires cérébraux

Suite à un AVC, différents traitements peuvent être mis en place :

  • Le traitement médical : administration intra veineuse d’un thrombolytique dans les 6 premières heures maximum. La thrombolyse va permettre de dissoudre le caillot.
  • Le traitement endo-vasculaire : plusieurs études récentes ont confirmées l’efficacité d’une action directe sur les caillots en réalisant leur ablation (thrombectomie). Pour être efficaces, ces interventions doivent être réalisées dans des centres spécialisés et accrédités et dans les 6 premières heures qui suivent l’AVC.
  • La rééducation : orthophoniste, kinésithérapeute 
  • La surveillance 
    • Règles hygiéno-diététiques :
         - régime pauvre en sel, en ac. saturés
         - sport 30 min 2 fois /semaine
         - poids, diabète, tabac (actif /passif), etc…
  • Parfois : aménagement du lieu de vie, ergothérapeute

Conclusion

L’AVC est une maladie fréquente et grave. La rapidité de sa prise en charge est fondamentale et un transfert vers un centre spécialisé moins de 6 heures après sa survenue est primordial. Il est nécessaire d’agir au stade d’AIT mais aussi de détecter et de traiter les facteurs de risque (HTA, cholestérol, diabète...) afin d’éviter des séquelles lourdes et irréversibles : paralysie, perte de la parole, démence …

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