Aspirine et cancer

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Prendrons-nous un jour de l’aspirine pour prévenir la survenue d’un cancer ? La question se pose après la publication du résultat de trois nouvelles études faites par des chercheurs britanniques et rapportées dans le très sérieux journal médical « The Lancet », question reprise à la une du quotidien « Le Monde ».

 

Les explications du Pr Jean-François Devars du Mayne, Chef du Service de Médecine de l’Hôpital Américain de Paris.

75 milligrammes pour prévenir le cancer 

Selon l’équipe du Pr Rothwell de l’Université d’Oxford, la prise, chaque jour, d’aspirine faiblement dosée (75mg), réduit de 15 % le risque de certains cancers, réduction qui atteint 37 % lors d’une prise pendant cinq ans ou plus ! Cet effet préventif très notable est surtout marqué pour les tumeurs malignes les plus fréquentes appelées adénocarcinomes (cancer du sein, de la prostate), et surtout pour les cancers du colon et du rectum qui sont, après les cancers du poumon, les cancers les plus fréquents (15 000 décès par an en France). 

L’aspirine pour lutter contre les métastases 

Cet espoir est doublé d’un autre : la réduction de presque la moitié des métastases qui apparaissent lorsque survient néanmoins ce genre de tumeur. Ces résultats constituent la première preuve que l’aspirine prévient les disséminations à distance des cancers ; un mécanisme que les chercheurs vont rapidement essayer de comprendre ! « L’aspirine a probablement une action de biologie moléculaire empêchant donc ces cancers de sécréter des cellules tumorales et de les faire se greffer à distance habituellement sur le foie », explique le Pr Devars du Mayne. 

Attention aux effets secondaires de l’aspirine 

Il faut cependant rester prudent. Ces études sont issues d’essais destinés à l’origine à évaluer les bénéfices cardio-vasculaires d’une prise continue d’aspirine faiblement dosée : elles n’ont pas été réalisées par des spécialistes du cancer. Certains chercheurs soulignent par ailleurs le risque de saignement inhérent à l’aspirine, qui fluidifie le sang. Un certain nombre d’hémorragies digestives, vasculaires ou cérébrales se sont produites sous aspirine, même à faible dose, contrebalançant les bénéfices cardio-vasculaires obtenus la première année. « On constate une à deux hémorragies digestives graves par an pour 1000 patients prenant de l'aspirine à faible dose », rappelle le Pr Devars du Mayne. 

Malgré ces résultats incontestables, il paraît trop tôt de recommander aux personnes de plus de 50 ans la prise quotidienne d’aspirine en prévention du cancer. Mais un nouvel espoir est né !


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