Le score calcique

Comment éviter l’accident cardiaque ?

Qu'est ce qu'un accident cardiaque ?

  • L’infarctus du myocarde

    Cet accident se produit lorsqu’un des vaisseaux qui irrigue le coeur se bouche : une partie du coeur cesse alors d’être irriguée. Si le territoire concerné est
    important, le coeur ne peut plus assurer normalement son rôle, et le décès peut survenir.

  • Le "syndrome coronaire aigu" ou angor instable

    Cet accident en principe moins grave peut se produire si un des vaisseaux qui irrigue le coeur devient très rétréci, sans toutefois être totalement bouché : le coeur reste faiblement irrigué, mais pas de façon suffisante.

  • La "mort subite"

    « la mort subite » reste l’accident le plus imprévisible et le plus dramatique. Il s’agit du décès inopiné d’un sujet en moins d’une heure. Ce type d’accident n’est pas rare, et en règle générale se produit chez les sujets ayant de « l’athérome » sur les vaisseaux coronaires.

Qu’est ce que l’athérome coronaire ?

Les coronaires sont les petites artères qui irriguent le coeur.

Il y en a 3 principales, leur diamètre est d’environ 2 à 5 millimètres. L’athérome est un tissus pathologique – c’est à- dire anormal - constitué de graisse, de tissus fibreux et de calcium.

L’athérome prend naissance dans la paroi-même des coronaires, mais peut se développer jusqu’à obstruer en partie – voir en totalité – le vaisseau coronaire, aboutissant ainsi aux accidents décrits précédemment.

Comment l’organisme fabrique-t-il de l’athérome sur les coronaires ?

On ne le sait pas parfaitement… Il existe ce que l’on appelle des « facteurs de risque » qui statistiquement favorisent le développement de l’athérome coronaire. Les principaux facteurs de risque sont le diabète, le tabagisme, l’hypertension artérielle, l’excès de cholestérol, l’obésité et la sédentarité. Mais le rôle d’une prédisposition familiale est également bien documenté : les sujets dont les parents ont fait un accident cardiaque ont aussi un risque augmenté.

Comment peut-on dépister la présence d’un athérome sur les coronaires ?

Un examen qui nécessite un scanner

Au moyen d’un examen très simple : le score calcique.

Cet examen est réalisé grâce à un scanner, sans qu’il soit nécessaire de vous mettre une perfusion, ni de vous injecter quoi que ce soit.
La seule chose qui vous sera demandée, c’est de ne pas respirer pendant quelques secondes, comme pour une simple radio. Les images obtenues permettent de voir les dépôts d’athérome calcifié sur vos coronaires.

On calcule ensuite - grâce à un logiciel spécifique - un chiffre qui quantifie l’importance de ces dépôts d’athérome : c’est le score calcique

Le score calcique est calculé de la manière suivante : l’opérateur désigne chaque plaque, dont le score est calculé par un logiciel spécifique, qui prend en compte le volume de cette plaque, et sa densité. La somme des scores de toutes les plaques constitue le score calcique, mis au point par Agatston.

Un point important est à noter : le score calcique – comme son nom l’indique quantifie les lésions d’athérome calcifié, mais il existe un très bon parallélisme entre l’importance des lésions calcifiées et celle des lésions non-calcifiées, de sorte qu’en définitive le score calcique est un bon témoin de la charge athéromateuse coronaire totale.

Dr Jean-Marc Foult
Le score calcique est le seul examen qui permette de chiffrer l’étendue des lésions d’athérome coronaire, or ce chiffre est le meilleur prédicteur du risque d’accident cardiaque.

Que va-t-on faire avec les résultats de votre score calcique ?

  • Si votre score calcique est bas, inférieur à 100

    Ceci signifie que votre risque d’accident cardiaque est très faible, inférieur à 1 % par an. Il n’y a pas lieu de faire d’autres examens, ni de modifier significativement votre mode de vie. Il faut souligner que ces recommandations valent pour les sujets de 60 ans et plus : un score calcique différent de 0 chez un sujet de moins de 50 ans signale la présence d’un athérome coronaire précoce, et justifie la mise en œuvre de mesures spécifiques.

  • Si votre score calcique est intermédiaire, entre 100 et 300

    Ce résultat montre qu’il existe de petits dépôts sur vos artères coronaires. Il est important de faire en sorte que ces dépôts n’augmentent pas dans le futur.

    Pour cela, on dispose schématiquement de 3 armes : la diététique, l’exercice physique, et certains médicaments. Une utilisation combinée de ces 3 mesures peut réduire votre risque d’accident cardiaque de plus de 50 %.

  • Si votre score calcique est supérieur à 300

    Dans ce cas, il est souhaitable de s’assurer que les dépôts athéromateux ne gênent pas la circulation normale du sang dans vos
    artères coronaires. D’autres examens appelés « tests d’ischémie » vont donc être nécessaires : si le résultat de ces examens est normal,
    cela signifie que ces dépôts ne constituent pas une entrave à la bonne irrigation de votre cœur. Les 3 mesures préconisées (diététique, activité physique, médicaments) restent donc d’actualité. Si au contraire on met en évidence une anomalie de l’irrigation de votre cœur (à l’effort par exemple), il sera nécessaire de réaliser une coronarographie, avec, le cas échéant, la pose de stents.

Un test d’ischémie est un examen permettant de déterminer si l’irrigation de votre cœur est normale, au repos mais aussi en situation de « stress » type effort physique. Il existe 3 test d’ischémie : la scintigraphie myocardique, l’écho et l’IRM de stress.
La coronarographie est un examen « invasif », c’est-à-dire comportant une piqure dans une artère. Il consiste à injecter un produit de contraste directement à l’intérieur de vos coronaires : les images obtenues sont donc une sorte de « moule » de vos vaisseaux coronaires. Elles permettent de voir s’il existe des rétrécissements plus ou moins serrés. Le cas échéant, on peut placer un ou plusieurs stents au cours d’une coronarographie.
Arrêt du tabac 50 %
Activité physique 20-30%
Diététique 14-40%
Réduction de mortalité dans la population générale - Circulation. 2005;112:924-934
Bon à savoir : il est plus facile de réduire un risque élevé qu’un risque faible : si votre probabilité de faire un accident cardiaque est de 20 % au cours des 10 prochaines années, il ne sera sans doute pas très difficile de réduire ce risque de moitié, donc à 10 %. Mais si votre risque est de 2 % au cours des 20 prochaines années, cela signifie un risque annuel de 1 pour 1000 : un tel niveau de risque est presque impossible à réduire, toute action notamment médicamenteuse pouvant avoir une contrepartie négative.
American Hospital of Paris
2020-06-27T13:28:35