Reflux gastro-œsophagien

Le reflux gastro-œsophagien est une maladie chronique dans laquelle les symptômes peuvent être quotidiens ou intermittents en fonction de l’alimentation et des activités. Le diagnostic est surtout clinique avec un traitement allant des conseils hygiéno-diététiques au traitement médico-chirurgical.

des symptômes jusqu’au traitement.

Que faut-il savoir sur l’œsophage ?

L’œsophage est la partie du tube digestif qui s'étend du pharynx jusqu’à l'estomac et dont le rôle est d’assurer la descente des aliments. Il s’agit d’un tube de 2cm de diamètre et 20m de longueur. La paroi de l’œsophage est constituée de quatre couches : la plus interne est la muqueuse formée de plusieurs types de cellules constituant l’épithélium malpigien un tissu de revêtement. À chaque extrémité se trouve un sphincter, une bandelette musculaire contrôlant le passage du bol alimentaire et empêchant le retour des aliments en dehors des repas.

Quels sont les symptômes du reflux gastro-œsophagien ?

Le RGO est défini par le passage du contenu gastrique acide de la jonction gastro-œsophagienne le long de l’œsophage, parfois jusqu’à la bouche à cause d’un dysfonctionnement du sphincter inférieur de l’œsophage.
Le symptôme le plus caractéristique est la brûlure rétro-sternale ascendante dans le thorax (pyrosis) survenant volontiers après le repas ou dans certaines positions comme penché en avant ou allongé.

D’autres symptômes sont plus atypiques mais très fréquents, comme :

  • une toux chronique inexpliquée,
  • des douleurs thoraciques,
  • des douleurs épigastriques,
  • des manifestations oto-rhino-laryngologiques (ORL) de type laryngites/pharyngites voire des brûlures,
  • et une sensation de corps étranger au niveau de la gorge.

Il ne faut pas négliger ces symptômes s’ils perdurent. La muqueuse œsophagienne n’est pas prévue pour recevoir de l’acidité.

Quels sont les facteurs de risques du reflux gastro-œsophagien ?

L’apparition d’un reflux gastro-œsophagien est favorisée par plusieurs facteurs :

  • Une hernie hiatale (ascension de l'estomac à travers l'orifice hiatal) ;
  • Certains médicaments (progestérone, l'acétylsalicylique (aspirine), les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) …) ;
  • Une pression excessive sur l’abdomen liée à un surpoids, une obésité ou une grossesse
  • Des facteurs hygiéno-diététiques : le stress ; la consommation de tabac, d'alcool, de chocolat, d'épices ; d'aliments acides, riches en graisses ; un repas copieux le soir...

 

Comment est réalisé le diagnostic du reflux gastro-œsophagien ?

Le reflux gastro-œsophagien est souvent diagnostiqué de façon empirique en se basant sur l’interrogatoire et la spécificité des signes tels que le pyrosis et les régurgitations acides.

Les explorations complémentaires sont essentiellement utiles en cas d’échec du traitement médical, en cas de bilan préopératoire ou d’incertitude diagnostique (symptômes atypiques).

L’endoscopie (endoscopie œso-gastro-duodénale) est l’examen de référence lorsque les symptômes sont atypiques et/ou après 50 ans. Elle permet de poser le diagnostic de RGO en présence de lésions :

- d’œsophage de Barrett ou Endobrachy-œsophage (une condition pré-cancéreuse caractérisée par le remplacement de l’épithélium malpighien par un épithélium intestinal),

- d’œsophagite peptique caractérisée par des lésions inflammatoires de la muqueuse.

La PH-métrie est indiquée lorsque l’endoscopie est normale. Elle mesure entre 48 à 96 heures les remontées acides à l’aide d’une petite sonde ou d’une capsule fixée à la paroi de l’œsophage.

Quels sont les différents traitements du RGO ?

Des conseils hygiéno-diététiques utiles :

  • Éviter les repas trop gras et trop abondants ;
  • Éviter de se coucher trop précocement, en particulier le soir (laisser un délai d’au moins deux heures, si possible après la fin d’un repas) et surélever la tête du lit de quelques degrés;
  • Perdre l’excès du poids au niveau abdominal.
  • Supprimer les aliments qui ont été identifiés par chaque individu comme pouvant générer des troubles (vin blanc, épices, chocolat, alcool, tabac, thé, jus acides, gras…).

Les antiacides, les alginates et les anti-H2s réduisent les sécrétions acides et calment les symptômes.

Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) consommés de 15 à 20 minutes avant le repas réduisent fortement la sécrétion acide par l’estomac.

La chirurgie :

Elle reste une indication rare mais envisagée chez des malades jeunes en bonne forme physique et qui dépendent d’un traitement par inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) quotidien, en cas de reflux gastroœsophagien compliqué de la présence de sténose peptique (une obstruction au niveau de la partie basse de l’œsophage ) ou de volumineuse hernie hiatale.

La chirurgie de référence est une fundoplicature (opération de Nissen ou de Toupet) qui consiste à envelopper la partie basse de l’œsophage par la partie haute de l’estomac. Une valve anti-reflux est créée, l’orifice œsophagien du diaphragme (hiatus) est réduit, renforçant ainsi le sphincter inférieur de l’œsophage.

De nouvelles techniques endoscopiques pour traiter le RGO sont en cours de développement avec de résultats prometteurs.

 

Chiffres clés

  • 5 à 10 % des adultes souffrent de RGO au quotidien.
  • 20 à 30 % d’endoscopies faites révèlent la présence d’œsophagite peptique.
  • 30 à 40 % se plaignent occasionnellement de pyrosis et/ou de régurgitations.
  • Les IPP soulagent les symptômes dans environ 70 % des cas.
American Hospital of Paris
2021-04-9T18:43:24