Arthrose et prothèse de hanche

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Une Rencontre Santé sur le thème de l’arthrose et des prothèses de hanche s’est déroulée le 23 Juin 2015 à l’American Hospital of Paris. Les docteurs Silbermann-Hoffman, Nys et Laville ont participé à trois tables rondes animées par le Professeur Pierre Duroux.

 

La hanche est une articulation portante et profonde qui supporte jusqu’à 4 fois le poids du corps. Cette articulation est soumise à d’importantes sollicitations et elle est garante de l’équilibre coxo-fémoral (entre le fémur et le bassin). 

La stabilité et la mobilité de l'articulation sont assurées par les muscles et leurs tendons. Un cartilage recouvrant les extrémités osseuses de l’articulation permet aux deux os de glisser l'un sur l'autre. La membrane synoviale sécrète un liquide qui « lubrifie » l'articulation et nourrit le cartilage.

On parle d‘arthrose de la hanche lorsqu’une dégénérescence du cartilage de l'articulation apparait.

Les principaux chiffres :

L’arthrose de la hanche apparait en moyenne à l’âge de 56 ans et représente une des causes importantes de l’incapacité physique. Cette pathologie a donc un fort  impact sur l’environnement socio-économique de la personne qui en souffre.

Pour 100 000 habitants, 47 à 88 nouveaux cas d’arthrose de la hanche apparaissent chaque année. Dans plus de 45 % des cas, une arthrose bilatérale est diagnostiquée.

L'arthrose de la hanche



L’arthrose de la hanche se développe suite à une forte pression sur le cartilage entre le fémur et le bassin. Des fragments du cartilage fragilisé, comme des grains de sable, se détachent dans la cavité articulaire et la membrane synoviale devient alors inflammatoire. 

En réaction à cet excès de pression, l'os situé sous le cartilage prolifère et produit une collerette osseuse autour de l'articulation appelé ostéophytes.

On distingue deux types d’arthrose de la hanche :

  • Arthrose primitive : elle n’a pas de cause anatomique ou traumatique

Les facteurs de risques sont : l’obésité, une surcharge sur les articulations, le  port fréquent de charges lourdes (travail / sport), l’âge  (rare chez les - de 40 ans), le sexe (les femmes sont plus touchées après la ménopause), des antécédents familiaux d'arthrose, du sport de manière intensive.

  • Arthrose secondaire : elle apparait suite à une malformation ou une maladie

Les facteurs de risques sont : des anomalies anatomiques, une luxation de la hanche (congénitale ou acquise), une inégalité de longueur des membres inférieurs, des atteintes osseuses (fracture ou destruction de l'os situé sous le cartilage), des lésions ligamentaires ou encore des maladies métaboliques, inflammatoires ou infectieuses, touchant directement le cartilage ou les autres tissus de l'articulation.

 

Il existe également une forme à part : la coxarthrose (arthrose de hanche) à destructrice rapide.
C’est une arthrose qui, comme son nom l’indique, se développe très rapidement avec un pincement d’au moins 2mm par an ou de plus de 50% (contre 0.25mm/an pour une situation normale).

Dans ce cas, la douleur s’installe rapidement et progressivement, de fréquents horaires inflammatoires nocturnes apparaissent, suivie d’une impotence fonctionnelle sévère dans les mois suivants (prothèse de hanche nécessaire dans les 2 ans)

Quels sont les symptômes de l’arthrose de la hanche ?

Le premier signal d’une arthrose de la hanche est la douleur. En effet, une arthrose de la hanche engendre une douleur au niveau du pli de l'aine, qui irradie au genou vers l'avant ou l'intérieur de la cuisse. Cette douleur augmente au moment de l’effort comme par exemple de la marche, la montée et descente des escaliers …

L’arthrose engendre une gêne particulièrement importante lors des mouvements de rotation de la hanche et il sera  de plus en plus difficile  pour les personnes qui en souffrent d'enfiler des chaussettes ou un collant.

Le matin, une sensation de raideur peu apparaitre et à un stade avancé,  une douleur quotidienne à la marche sera présente voire une boiterie.

Comment diagnostiquer l’arthrose de la hanche ?

Le diagnostic de l’arthrose de la hanche peut se réaliser via :

  • Un examen clinique : 

Il permet d’analyser les douleurs (début, fréquence, mode de survenue) et de repérer une boiterie ou une attitude anormale à la marche, puis en position allongée.

  • Un examen radiologique :
    Il a pour objectif de confirmer le diagnostic et éventuellement de préciser si l’arthrose est de type primitive ou secondaire.
  • Il est rare que d'autres examens soient nécessaires néanmoins des examens complémentaires sont parfois requis :
    la mesure de la Vitesse de sédimentation et C Reactive Proteine (CRP)
    Un examen liquide synovial (inutile dans coxarthrose « classique »)

Pour l’American College of Rheumatology (ACR) le diagnostic d’une arthrose de la hanche s’effectue sur la base d’une douleur de hanche, associée à deux des trois critères suivants : vitesse de sédimentation < 20 mm, ostéophytes et pincement de l’interligne (Supérieur, Axial, ou interne).

Un diagnostic différentiel peut également être discuté pour exclure l’hypothèse d’une arthrose de hanche dans le cas de l’existence d’une douleur projetée : atteinte sacro-iliaque, atteinte rachidienne (dos) en particulier sciatique L3,L4,L5, douleur viscérale abdominale ou lombaire projetée, pathologie vasculaire et fibromyalgie. 

Traitement médical

Il existe deux types de traitement de l’arthrose de la hanche : le traitement pharmacologique et le traitement non pharmacologique.

Traitements pharmacologiques : 

  • Paracétamol, anti-inflammatoires non stéroïdiens
  • Anti-arthrosiques symptomatiques d’action lente 
  • Infiltrations intra articulaires qui agissent sur la douleur mais qui n’ont aucun effet sur la structure du cartilage : 

Injection de corticoïdes : dans le cas de poussée douloureuse et particulièrement si un épanchement survient. Ces injections, réalisées de manière radioguidée ou échoguidée, permettent de réduire la douleur de 50% chez 2/3 des patients et démontrent une efficacité de 6 à 8 semaines et même parfois plus. A ne pas réaliser dans les 3 mois qui précédent la mise en place d’une prothèse de hanche.Injection d’acide hyaluronique : c’est l’un des composants du liquide synovial et son injection permet de diminuer la douleur à l’exercice. Ce traitement génère néanmoins des résultats mitigés, d’autant plus que des effets secondaires sont possibles comme par exemple une exacerbation douloureuse passagère.Injection de concentrés plasmatiques riches en plaquettes ou platelet-rich plasma (PRP) 

Traitements non pharmacologiques :

Les traitements non pharmacologiques concernent tout d’abord l’hygiène de vie et comportent: 

  • une perte de poids 
  • des activités physiques régulières adaptées
  • de la rééducation afin de maintenir la mobilité articulaire, de renforcer les muscles ou de prévenir le blocage de l’articulation en position fléchie
  • la balnéothérapie
  • Limiter les stations debout prolongées
  • Périodes de repos avec postures
  • Apprendre l’utilisation d’une canne et règles d’économie articulaire

Des aides techniques peuvent également être utilisées telles que des pinces à long manche, des sièges hautes, une canne siège, des semelles amortissantes ou encore le port d'orthèses.

Traitement chirurgical

La chirurgie conservatrice (ostéotomie)

Mise en place d'une butée (greffon osseux placé près de l'articulation pour la protéger) pour certains cas très rares et très spécifiques.

Les prothèses de hanche :

Une prothèse de hanche consiste en un implant adapté au patient, en fonction de son état de santé, de son âge et de la forme anatomique de la hanche.

Elles permettent de remplacer à la fois la tête du fémur et le cotyle.

Les prothèses suppriment la douleur et donne davantage de mobilité mais elles ne permettront pas forcément de retrouver de la souplesse, de la force, de l’endurance ou un schéma de marche.

Les premières prothèses de hanche, appelées prothèse ACRYL, ont vu le jour dans les années 50 grâce à Robert JUDET et John CHARNLEY. 

Une prothèse est constituée de ce que l’on appelle un couple de friction c'est-à-dire un couple de matériaux qui va être utilisé pour chaque élément de la prothèse comme par exemple :

  • Métal - polyéthylène, 
  • Métal- Métal Mac Kee-Forard,
  • Céramique – polyéthylène, 
  • Céramique – Céramique. 

 

C’est la qualité du couple de friction qui conditionne la durabilité de la prothèse qui dure habituellement 10 à 20 ans selon le niveau d’activité du sujet. Grâce aux couples de frictions plus modernes (métal, céramique), les prothèses de hanche ont une durée de vie plus longue.
A noter, cette durée peut être réduite par un surpoids ou des exercices excessifs.

Les indications de pose de prothèse de hanche sont fonction des  facteurs cliniques  : douleur, boiterie et aussi en fonction des radiographies.

Le choix de la prothèse prendra également en compte l’âge du patient : le sujet jeune ayant besoin de longévité et stabilité de la hanche alors que le sujet âgé aura davantage besoin de sécurité (marche, chutes etc..). 

Les différentes techniques de poses : 

Ils existent deux techniques majeures employées pour poser une prothèse de hanche :

  • Par voie d’abord antérieure : pas de section musculaire, remise en charge immédiate, moins de luxation, permet un mini abord, plus délicate : entraînement, nécessite une table orthopédique. 
  • Par voie d’abord postérieure et latérale : large champ opératoire, section musculaire, canne, luxations

Quels sont les risques ? 

  • Une infection : la prothèse étant un élément étranger au corps humain, il est très important de veiller à ne pas développer d’infection avant et après l’intervention. Les risques sont un rejet de la prothèse du fait de l’installation de l’infection sur la prothèse. Il faut surveiller les dents, les urines et la peau. Tout début d’infection doit être traité avec la plus grande attention. 
  • Une luxation de la prothèse fémorale
  • Une fracture 
  • Un descellement : surveillance radiologique nécessaire tous les 2 ans

 

Quel est le suivi médical ?

  • La Rééducation n’est pas obligatoire et dépend de l’état pré-opératoire et des conditions pathologiques du sujet. Un suivi régulier doit être réalisé c'est-à-dire environ tous les 2 ans.
  • La chirurgie de reprise est un événement rare qui demande une analyse pré-opératoire minutieuse
  • Certains sports sont interdits c’est notamment le cas de ceux qui favorisent les chocs sur le sol comme la course à pied et jogging.

 

Petite anecdote :

Chose rare, des animaux ont bénéficié des recherches sur l’homme. En effet c’est grâce aux techniques de prothèse de hanche développées chez l’homme que les animaux tels que les chiens (labrador) peuvent désormais bénéficier de prothèses de hanche afin de réduire leur douleur et augmenter leur mobilité.

Pour conclure, la pose d’une prothèse de hanche est une  intervention sérieuse qui n’est jamais banale. Cette opération offre d’excellents résultats mais requiert un  suivi rigoureux. 

 


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